CNV en République Démocratique du Congo






PROJET DE PAIX ET DE CHANGEMENT SOCIAL PAR LA COMMUNICATION NONVIOLENTE ET GESTION POSITIVE DES CONFLITS EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC). Pierre MUANDA, formateur certifié du Center for NonViolent Communication, CNVC, USA.



CONTEXTE :
Sans doute, les guerres successives et une situation socio-économique difficile ont généré davantage l’émergence des antivaleurs en Afrique en général et en République Démocratique du Congo (RDC) en particulier. Dans les propositions d’efforts pour améliorer la situation, la lutte contre les antivaleurs est mise en avant par les autorités étatiques. Il s’agit bien des pratiques liées notamment à la corruption, aux pillages, vols, viols, insultes publiques, ctc… Des pratiques liées aux dénis de responsabilité parentales avec pour conséquences la déscolarisation massive des jeunes, l’émergence des bandes organisées, la recrudescence des enfants de la rue, des enfants dits sorciers, des enfants soldats…
Nous estimons qu’effectivement, un changement des mentalités par l’éducation et la formation est un préalable au développement endogène de notre pays.
Se faisant, nous proposons un projet de formation en Communication NonViolente (CNV) et gestion positive des conflits. Le choix de ce projet repose sur une conviction que la CNV est un outil adéquat, simple mais combien efficace, puissant et capable de susciter un éveil de conscience pour une réhabilitation des mentalités et des valeurs qui ont longtemps fait la fierté de notre pays en particulier et de l’Afrique en général. Des valeurs en lien avec l’humanité qui est en chacun de nous telles que l’accueil, la convivialité, la solidarité, l’unité, le respect de la vie humaine et des biens communs, l’honnêteté, la transparence, la vérité, l’amour du travail bien fait, l’amour de soi et du prochain, l’estime de soi, la joie de vivre.
L’éveil de conscience à vivre ces valeurs s’avère une condition si ne qua non au développement du pays. Tant il est vrai que la différence entre les pays développés et les pays pauvres n’est pas fonction de l’étendue, ni de l’importance des gisements des matières premières, ni même de la couleur de la peau. La différence se trouve curieusement dans les valeurs humaines partagées par l’ensemble de la population d’un pays.
Force de cet idéal et même sans garantie de financement ni salaire, le projet s’est mis en place lentement mais sûrement et continue à se développer.



DEVELOPPEMENT DU PROJET CNV EN RDC
ANNEE 2003
Première formation animée du 15 au 27 avril 2003 par Pierre MUANDA, assistée de Madame Martine Kapita, à l’institut Libota Lisantu à Kinshasa/ Kimwenza, puis à l’institut Tobongisa.

Au total 115 participants constitués essentiellement d’enseignants, des représentants de la presse nationale (radio et télévision), des chefs d’établissements scolaires et deux professeurs-assistants de l’Université de Kinshasa. La télévision et la radio ont fait large écho de ces formations. Celles-ci ont suscité tellement d’intérêts et d’enthousiasmes que plusieurs institutions, par effet boule de neige, ont demandé des formations à leur tour, notamment :
- l’Institut Tobongisa
- l’Institut Saint Georges
- le Complexe scolaire Libota Lisantu
- l’ANMD (les amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains)
- l’ACD (l’association chrétienne pour le développement)
- l’AEPA (l’association d’encadrement des personnes âgées).
- l’APA (l’Agence presse associée)
- Différentes institutions scolaires.

Ces demandes sont restées sans réponses 5 ans durant faute de financement. Car même si le formateur n’était pas payé, il fallait faire face au phénomène « per diem » en vogue ici et réclamé par des participants à une formation ! Tout le contraire de l’Europe où le participant paye sa formation ! En même temps on comprend vite dès qu’on plonge dans la dure réalité de la vie et du dénuement de la population. Cette première expérience de formation CNV est financée par le fond propre de Pierre M, avec une aide de 250 € reçue de trois formateurs belges (Anne-Charlotte R., Christiane G. et Jean-François L.) que nous remercions au passage.

2003 : Première formation CNV à Libota Lisantu à Kimuenza

    


ANNEE 2008
Du 23 mars au 4 avril 2008, en dépit de la frustration due au manque de financement, interpellé par la violence croissante qui sévit dans la population congolaise, Pierre Muanda, fait le choix d’aller relancer les formations CNV, quitte à les financer par ses propres moyens, au détriment du confort pécuniaire de sa famille.
Deux sessions d’introduction et une conférence sur « ce qu’est la communication nonviolente de Marshall. B. Rosenberg » ont pu être réalisées. Des membres d’autres associations et institutions ont pris part à ces formations notamment quelques représentants de l’agence congolaise de presse (ACP), l’agence presse associée (APA), les amis de Nelson Mandela, quelques directeurs des instituts secondaires de la place et trois professeurs assistants de l’université de Kinshasa.

Introduction CNV à l’Institut Saint Georges à Kintambo



Les profs de l’Instituts Saint Georges forment le premier groupe de pratique CNV à Kinshasa




Ci-dessous quelques témoignages des participants au terme de cette session de formation :
Monsieur A. « Pour moi, le déclic d’une conscience nouvelle s’est produit dès le moment où j’ai compris la différence entre une observation et un jugement ou interprétation. C’est sans doute là une cause fondamentale qui entrave la qualité de nos relations. »
Monsieur B : « Si cette formation nous avait été donnée six mois auparavant, je n’aurais certainement pas perdu mon boulot suite à un conflit qui m’a opposé à mon directeur. Maintenant je découvre que la source de ce conflit n’était qu’une série d’interprétations et de jugements. »
Madame L. « Je suis dans un tel étonnement de découvrir que je peux désormais dire ou m’entendre dire « non » en me reliant à mes besoins ou ceux de mon interlocuteur et sans me culpabiliser ! Quelle libération ! »
Monsieur D. « Ce qui m’a le plus frappé, c’est la différenciation clé entre une demande et une exigence. Puis de savoir que toute demande formulée avec cette conscience implique simplement l’accueil d’un oui ou d’un non. Et sachant cette réalité, plus besoin de fulminer contre quelqu’un qui me dirait non. En d’autres termes, une réponse négative à ma demande ne me fera plus réagir comme avant, sachant que la personne qui me dit non, dit oui à un besoin qui lui est important à l’instant ». « Pierre quand tu nous dis : ‘ Je vous propose de faire les exercices…’, ça, c’est un langage qu’on a oublié d’entendre ici, étant habitués aux ordres sinon aux exigences; et vu la manière dont tu t’exprimes, sans compter ton sourire permanent, je me demande s’il t’arrive encore d’être en colère ou d’être impliqué dans un conflit ? Au fait, de quand date ton dernier conflit ? »
Madame N. « Je pense que cette formation devrait être donnée obligatoirement à tous les responsables d’Eglises et les écoles ! »
Monsieur M. « Je suis émerveillé de voir que la CNV nous rend attentifs entre autres à l’importance de reconnaître la responsabilité de nos actes ; ce qui corrobore les idées de mon livre intitulé « la société responsabilitariste » paru aux éditions Elzévir il y a trois mois. »

Tout comme il n’y a pas des roses sans ronces, Pierre Muanda a rencontré beaucoup de difficultés notamment celles liées aux
- déplacement avec la pénurie des moyens de transport où il faut apprendre à se bousculer pour accéder dans un taxi-bus, sans compter les interminables embouteillages. Parfois il faut se payer « un gros bras » pour espérer avoir une place assise
- le manque de moyens financiers pour faire face au phénomène « per diem » lorsqu’on organise une formation ; vu que les participants sont tellement démunis qu’ils ne peuvent pas payer ces types de formations
- quelques fois, à défaut de se faire rançonner, il faut parfois faire face à des tracasseries policières intempestives et souvent musclées.
u total 120, puis 152 personnes ont été sensibilisées cette fois à la CNV et 204 participants à la conférence intitulée « Pratique de la bienveillance » sous l’abri imprévu d’un temple protestant à Binza, vu le nombre de participant plus important.


ANNEE 2009
Du 10 au 31 juillet 2009 : Avec l’appui d’Anne Bourrit et Emmanuelle Vidick, Pierre parvient à repartir dans son pays afin de poursuivre ses formations CNV avec quelques représentants des associations d’encadreurs des enfants de la rue. Lesquelles associations sont alors coordonnées par Monsieur Edho Mukendi du Comité d’Appui au Travail Social de Rue (CATSER). Ce voyage est marqué par une rencontre inattendue avec le couple suisse Yannick Arlabosse-Titz et Jean-Maurice Muret à Kinshasa. Bien que venu pour une autre mission d’IDAY international, ce couple a reçu des formateurs CNV Suisse, la recommandation de rencontrer un certain Pierre M. à Kinshasa. La perspicacité de Yannick et Jean-Maurice et leurs nombreux contacts, ont valu au projet de Pierre une ouverture inespérée. Cette rencontre a permis l’arrivée en formation CNV d’autres couches sociales de la population congolaise que d’habitude : les médecins, les avocats, un représentant du ministère de justice, deux agents de la prison centrale de Makala et du représentant d’IDAY International en RDC, Monsieur Roger Katembwe.

Dès leur arrivée, de nouveaux contacts avec différentes institutions s’établissent avec une rapidité et une facilité étonnantes. De nouvelles portes s’ouvrent instantanément. Et dans la foulée de cette nouvelle dynamique, une formation CNV de deux journées et demie, complètement imprévue, s’organise en espace de 24 heures. Ceci grâce à la perspicacité de l’association CATSER qui s’est chargé promptement de l’organisation de cette formation et de l’accueil du couple Suisse. En un seul clic informatique et quelques coups de fil, 32 participants sont réunis et proviennent, cette foi-ci, d’autres horizons que l’enseignement. Pierre M. en était tout simplement émerveillé. Car il n’avait pas encore eu accès à ces catégories de la population. On compte parmi ces participants : des médecins, des avocats, des travailleurs de rue, des éducateurs, des représentants des quelques Organisation Non Gouvernementale (ONG), des représentants du Ministère de la justice et de la prison centrale de Makala à Kinshasa. Cette session de formation a suscité, ici aussi comme chez les enseignants, un grand enthousiasme et un intérêt évident. Les participants ne demandent que la continuité de ces formations, tellement les besoins de paix, d’entente et de sécurité sont manifestes. Yannick et Jean-Maurice ont été d’un grand soutien dans la co-animation de cette formation, en proposant à chaque fois que c’était nécessaire, des commentaires étayés par des exemples concrets et des jeux de rôles spontanés très éclairants pour faciliter la compréhension des notions. Ils ont fait plus que le rôle d’assistants dans lequel ils avaient choisi de se positionner avec tant d’humilités. Pierre M. était plutôt plein de reconnaissance parce qu’ils ont été la cheville ouvrière de cette formation imprévue au départ et qui a élargie les champs d’action et nourri davantage l’espoir de voir la CNV se répandre en RD. Congo.

Ces quelques images témoignent de certaines réalités vécues dans la réalisation de la mission en RDC.

Pierre M. et Jean-Maurice M. n’ont d’autres choix que de voyager par dessus la carrosserie d’une camionnette… le déplacement n’est pas facile.... Arrivée de Jean-Maurice et Yannick A.

    

Exercices pratiques et jeu de rôle

    
Du 26 décembre 2009 au 3 janvier 2010 Suivie des formations et des groupes de pratique avec différents groupes. Notamment, le groupe de l’institut Saint Georges à Kinstambo, le CATSER à Matonge, le centre Bokolosi et la « famille chrétienne » à Lemba, Rencontre avec deux Françaises de la famille CNV en France (Florence Priol et Jill Massonnet) en mission à Kinshasa et recommandées par l’ACNV-France à bien vouloir y rencontrer Pierre Muanda.

Le groupe de centre Bokolisi



Rencontre avec deux françaises de la CNV France




ANNEE 2010
Du 12 au 30 juillet 2010
Suivi des formations avec les groupes des professeurs de Kintambo et du CATSER. Formations avec de nouveaux groupes tels que le Syndicat National des enseignants (SYECO), le Bureau international catholique de l’enfance (BICE), un groupe constitué de 14 couples dénommé « famille chrétienne » de la paroisse catholique de Lemba (soit 28 participants), un groupe de la communauté protestante CBCO à Binza (86 participants), le groupe de Monsieur Olivier à Limete/ Salongo recommandé par le pasteur Suisse Michel MONOD (8 participants). Pour toute cette session, 168 nouvelles personnes ont été sensibilisées à la CNV. La découverte de la justice restauratrice : la grande nouveauté de ce voyage est la formation donnée en justice restauratrice. Cette formation était accueillie avec beaucoup d’enthousiasme en ce qu’elle rappelle beaucoup d’éléments de gestion des conflits dans notre société traditionnelle.

Formation d’introduction à la communication nonviolente et gestion positive des conflits avec le personnel du Centre de formation pour assistants sociaux de Kintambo y compris quelques membres du Bureau International de l’Enfance Catholique (BICE).



« L’aide ponctuelle en termes de dons de livres ou de soutien pécuniaire individuel, d’empathie, de mots d’encouragements reçus de plusieurs amis et formateurs suisses, français, luxembourgeois, belges et du Réseau francophone CNV (Anne B, Emmanuelle V., Yannick A., Jean-Maurice M., François Dusson, Farrah B. Anne VST, Guy D.B., Christiane G., Vincent H., Jean-François L., Anne-Charlotte R., Marie-Jacques S. Philippe Landenne ) ; l’élan des prières, des énergies positives, des petits mots reçus par courriels jusqu’aux fins fonds de Kinshasa, toutes ces marques d’amitié et de sympathie sont fort touchantes et me rassurent de l’amour qui m’accompagnent et m’entourent, tant moralement que spirituellement. Ce qui permet d’ailleurs d’accomplir ces missions à la fois avec persévérance et l’élan du cœur. Un remerciement particulier à un inconnu, Monsieur Flament Georges, qui, grâce à l’ACNV/France, a ajouté à la bibliothèque CNV de la RD Congo, un don d’une dizaine d’ouvrages spécifiques à la communication nonviolente et à la culture de la paix. Que chacun et chacune de vous trouve ici l’expression de ma profonde gratitude ».

L’équipe syndicale des enseignants du Congo pose après sa première formation en CNV

    

Décembre 2010
Invité par l’asbl Eveillance de Belgique, Pierre M. accepte d’accompagner l’équipe d’Eveillance composée de Catherine Tihon et Louis-Marie Jemine partie en RD Congo à Kinshasa le 27/12/2010 : Formations CNV dispensée après des responsables des différents centres scolaires rassemblés, formations organisées par le réseau « RENACERAS » (Réseau National de Centres de Rattrapage Scolaire). Catherine et Pierre ont coanimé ces formations et Louise-Marie a accompagné en tant qu’assistant. En plus des formations, l’objectif était de créer le lien entre les responsables de différents centres scolaires et les groupes déjà formés par Pierre M. à Kinshasa ; et, de faire savoir que les formateurs œuvrent ensemble pour un même projet et un même idéal, celui de faire avancer la paix.


ANNEE 2011
Du 15 au 21 avril 2011 Le voyage de 2011 a notamment pour objectifs de :
- Première session d’introduction en communication nonviolente et gestion positive des conflits (CNV) à un nouveau groupe de 32 participants composé essentiellement des membres et pasteurs de quelques églises protestantes. Session organisée par Monsieur Olivier de l’association « Chrétien pour la paix » et recommandé depuis la Suisse par le pasteur Monod Michel. Après la formation, deux pasteurs visiblement émerveillés par la formation, propose instamment à Pierre M. de revenir afin de faire bénéficier cette formation à la majorité de leurs paroissiens qui étaient absents à cette session. L’un d’eux a d’ailleurs promis que sa prochaine homélie ne serait que la copie conforme de la formation en disant : « Pierre, je prêcherai quasi ce que tu as donné, il ne me manquera que tes marionnettes ! », a ajouté le pasteur.
- Deuxième session en CNV destinée à l’équipe d’encadreurs des enfants de la rue œuvrant au sein de l’association « Ndako ya biso » avec Jean-Pierre Godding et quelques membres de REEJER et de la communauté du Chemin Neuf à Ngaba (30 participants). Formation qui avait démarré sur les chapeaux des roues par un conflit qui a surgit entre deux participants. La résolution positive de ce conflit, sur le vif et devant tous les participants, a curieusement marqué les esprits et motivé le groupe au point que l’un des belligérants en a fait un article publié à Kinshasa.
- Deuxième session de formation en CNV et gestion positives des conflits aux formateurs et personnel du Centre BOKOLISI à Lemba. Pierre M. est ici assisté de Roger Katembwe. Le Centre encadre des jeunes filles marginalisées par le système scolaire, en leur proposant des formations qualifiantes en vue d’une réinsertion socioprofessionnelle.
- Approfondissements en CNV et exercices pratiques de cercle semi-simulé en justice restauratrice au groupe de Kintambo constitué principalement de quelques professeurs de l’Institut Saint Georges (22 participants).
- Rappel des notions acquises à travers des exercices de drill et des jeux de rôle dans le groupe du CATSR avec Edho Mukendi, dans leurs nouvelles installations situées à Limete.
- Séances privées et interminables d’écoutes empathiques et de résolution des conflits sur des cas des tensions familiales et de sorcellerie.
- Contacts et suivie des formations antérieures avec des représentants de quelques institutions ou organisations non gouvernementales telles que « la Colombe » (l’école bénéficie d’un soutien de l’asbl Eveillance avec Catherine T. et LouisMarie J.), les associations « Education à la vie », « Femme ouvrière avec Dieu », l’APROVEV et l’équipe régionale du BICE

Quelques images de la session 2011

Groupe de pratique CNV au CATSER sous le palmier à Limete (juillet 2011)

    


ANNEE 2012

- Suite de formation destinée au groupe de 30 encadreurs des enfants de la rue « Ndako ya biso » sous la direction de Jean-Pierre Godding. Une première partie de la session est réservée à une introduction de rattrapage et de révision. Laquelle est immédiatement suivie par un approfondissement et la pratique des quelques exercices et jeux coopératifs. Au vu de la régularité, la motivation, l’encadrement, la cohésion du groupe, la volonté de mettre en pratique les notions apprises dans les réalités concrètes de leur travail au quotidien, il va s’en dire que ce groupe « Ndako ya biso » inspire confiance avec l’espoir d’y voir sortir des formateurs CNV.
- Session organisée par Monsieur Olivier de l’association « Chrétien pour la paix », collaborateur du pasteur Monod Michel de Suisse. Il s’agit d’un groupe hétérogène constitué principalement et à la fois des enseignants, des pasteurs, et quelques membres de l’église protestante de la place. L’insuffisance des moyens financiers a considérablement réduits l’effectif des participants et même le nombre de sessions de formation. Car certains participants avaient cru avoir de l’organisateur ou du formateur assez de frais de participation appelés ici « motivation ou perdiem » pour pouvoir assurer non seulement leur déplacement mais aussi le manque à gagner et le pain quotidien en famille.
- Groupe de pratique de cercle semi-simulé en justice restauratrice au groupe de Kintambo à l’Institut Saint Georges (20 participants).
- Sur rendez-vous, séances d’écoute empathique et de résolution des conflits. Notamment le cas d’un couple en instance de divorce et celui d’une personne victime d’arnaque d’une importante somme d’argents.
- Séances de travail avec Jean-Pierre G. portant sur des stratégies éventuelles d’auto financement du projet de formation CNV et les possibilités des sessions de formation des formateurs en RDC avec l’implication des autres formateurs européens.

Reconnaissances:
Sans subside ni autre financement, ce projet de formations et de vulgarisation de la CNV et gestion positive des conflits en RDC fonctionne sur base de l’un ou l’autre don ponctuel. C’est le cas de cette session de juillet 2012 qui n’a pu se réaliser que grâce à une intervention providentielle arrivée d’Anne Bourrit et Emmanuelle Vidick. Qu’elles en soient profondément remerciées. Les approfondissements des groupes avancés et les introductions prévues pour décembre 2012 et janvier 2013 n’ont pu se réaliser faute de financement.
Notre prière et celle des participants est que ces formations puissent continuer jusqu’à ce que l’on ait des formateurs locaux certifiés.

Quelques images de la session

Exercices pratiques en sous groupes avec l’Equipe de « Ndako ya biso » à Ngaba
Groupe dirigé par Jean-Pierre GODDING.

    

    

    

    



Pierre M. et l’équipe « Ndako ya biso » à Ngaba/ Kinshasa




ANNEE 2019 : ENFIN L’ACNV-RDC EST EST CONSTITUEE


Le vendredi 29 mars 2019 a eu lieu à Goma le lancement officiel de l’Association pour la Communication NonViolente de la République Démocratique du Congo (ACNV-RDC) en présence de quelques autorités locales. L’événement était relayé par la presse et de nombreuses personnes ainsi que plusieurs organisations actives dans la région manifestent déjà un grand intérêt pour le processus de la CNV. Ceci était possible grâce à la perspicacité de Victor Mugaruka qui a hâté les démarches administratives de l’ACNV-RDC et d’inviter Fleur Nathalie, formatrice certifiée qui est venue du Bénin pour l’occasion. Celle-ci en a profité pour animer une introduction CNV.

Fleur Nathalie et le nouveau Comité de l’ACNV-RDC



AUTRES FORMATIONS CNV A KINSHASA
Profitant de sa présence à Kinshasa en septembre 2019, Pierre Muanda a animé une série d’activités CNV :
- Du 15 au 30 septembre 2019 a eu lieu à Ngaba, un séminaire intensif CNV à en faveur des responsables de quelques associations qui s’occupent des enfants de la rue et auquel Victor Mugaruka est venu se joindre.
- Lundi 23 septembre 2019 : Conférence au Campus de l’Université Nationale de Kinshasa sur c’est qu’est la CNV.
- Mardi 24 septembre 2019 à Ngaba : Journée de rappel et de pratique CNV destinée aux membres de l’ABL Ndako Ya Biso gerée par Jean-Pierre Godding.
- Victor Mugaruka invite Pierre Muanda à animer une introduction CNV à la Gombe en faveur d’un groupe des jeunes dénomés « Ambassadeurs de Paix »
- Samedi 28 septembre 2019 : journée de formation en faveur des enseignents de l’école primaire la Colombe à Yolo-Nord.

Quelques images de ces différentes formations :

Séminaire de formation CNV en faveur des Responsables des encadreurs des enfants de la rue



Victor Mugaruka et Pierre Muanda rencontrent les délégués de l’équipe "Ambassadeurs de paix" et le directeur de l’école internationale de Kinshasa afin de finaliser un projet concret de collaboration.



Supervision d’un groupe de pratique CNV sous l’ombre des arbres à Kimuenza



Mise en situation et jeu coopératif sous le soleil lors de la formation CNV








ANNEE 2023: FORMATION EN CNV A BUKAVU DU 14 AU 16 AOUT

L’ASSOCIATION DE COMMUNUNICATION NONVIOLENTE DE BELGIQUE FRANCOPHONE (ACNV-BF ASBL) SOUTIENT LES EFFORTS DES ACTEURS DE PAIX ET DE RECONCILIATION DANS LA REGION DES GRANDS LACS : BUKAVU EN R. D. DU CONGO DU 14 AU 16 AOUT 2023

FORMATION EN COMMUNICATION NONVIOLENTE ANIMEE PAR JEAN-BAPTISTE NDIKURIYO

 




Après la formation de Gitega au Burundi au mois d’août 2022, l’ACNV-BF a accordé un don de 1000 euros, en complément d’un don anonyme de 900 euros, pour soutenir l’organisation d’une formation en CNV à Bukavu en R.D. du Congo du 14 au 16 août 2023, en partenariat avec l’Association de Communication NonViolente en R.D. du Congo (ACNV-RDC ASBL).
Cette formation avait été projeté par le président de l’ACNV-RDC, Victor Mugaruka, pour l’été 2022. Malheureusement le contexte de sécurité lié aux attaques du M23 n’avait pas permis la réalisation de ce projet.
Compte tenu d’une évolution sécuritaire dans cette région de l’Est du Congo frontalière au Burundi (Bukavu se situe à 150 km de Bujumbura, même si la meilleure voie d’accès est celle qui traverse le Rwanda), l’ACNV-RDC a décidé de mettre en place cette formation reportée, permettant ainsi à la CNV de poursuivre son petit chemin pour contribuer à la paix et la réconciliation dans la région des Grands Lacs.
J’ai consenti à faire le déplacement en marge de mes vacances en famille pour contribuer à semer quelques graines de paix et de réconciliation, en animant une formation de 3 jours d’introduction en CNV à l’intention de 20 participants (4 femmes et 16 hommes) provenant de plusieurs organisations impliquées dans l’action sociale, la paix et le changement social (pasteurs, juristes, enseignants, médecin, pharmacien, agronome, techniciens entrepreneurs, acteurs de développement rural et social, et membres de la Fondation Panzi du Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix en 2018 pour son action en faveur des femmes victimes des violences sexuelles. La formation s’est tenue dans les locaux du Centre Protestant CAP NGUBA de Bukavu.


INTRODUCTION A LA CNV

Compte tenu du profil des 20 participants qui découvraient la CNV pour la première fois pour la plupart, j’ai fait le choix de leur proposer une introduction en CNV.
Les outils de la CNV proposés dans cette introduction ont été accueillis et appréciés comme des éléments incontournables dans le processus de paix, de réconciliation et de changement social dans lequel les organisations précitées sont impliquées. Les participants ont fait preuve de motivation et d’assiduité durant leurs apprentissages aussi bien pendant les séances de présentation théorique du processus que pendant les séances d’exercices en petits groupes permettant de s’approprier les acquis théoriques.
Les situations apportées par les participants pour s’exercer à l’expression authentique de soi et à l’écoute empathique ont apporté une plus-value à cet apprentissage en termes de clarification des aspects théoriques et d’expérience concrète de la mise en pratique du processus. Ces situations portaient notamment sur la restauration et le rétablissement du climat de confiance au sein de la population.
En plus du dépliant des sentiments et des besoins qui a été offert à chaque participant, Certains participants ont pu acquérir des livres de CNV grâce à la valise pleine de livres de la librairie de l’ACNV-BF que j’avais prise avec moi.

 




CELEBRATION :

1 DE LA PART DU FORMATEUR :
• Soutien financier de l’ACNV-BF et des donateurs anonymes.
• Elan de s’engager et de contribuer à semer des graines de paix en Afrique, dans la confiance, la simplicité et la persévérance.
• Toucher la vulnérabilité chez moi et chez les participants.
• Mise à disposition des participants des supports pédagogiques : syllabus, dépliants sentiments et besoins, livres et cartes.
• Présence et vigilance pour débloquer les situations pendant les jeux de rôle.
• Intensité de l’engagement des participants : groupe vivant, déterminé à avancer.
 




2 DE LA PART DES PARTICIPANTS :
• Cadeau d’une formation de 3 jours.
• Acquis riches de valeurs au service de la réconciliation, de la paix et du changement social.
• Méthodologie participative active.
• Découverte et acquisition des outils : dépliants, livres et cartes.
• Posture du formateur : écoute bienveillante, empathique.
• Respect du temps.
• Partages en petits groupes.
• Jeux de rôles très éclairants pour la pratique et l’appropriation des acquis théoriques.




DEUIL
• Absence de Victor Mugaruka, Président de l’ACNV-RDC qui avait co-organisé la formation avec moi : je me suis retrouvé seul, avec une équipe d’organisation locale inconnue, sans aucun lien au niveau des préparatifs.
• Problèmes de déplacement : le véhicule qui devait me conduire à Bukavu a démarré plus tard que prévu, ce qui a occasionné une arrivée tardive à la frontière Rwanda-Bukavu qui fermait à 15 h 00. Du coup j’ai dû loger côté Rwanda, à moins d’1 km du lieu où devait se dérouler la formation.
• Manque de transparence et d’inclusion du formateur dans la gestion du budget, alors que j’avais remis le montant à l’équipe d’organisation locale, suivant les instructions du Président de l’association absent.
• Le secrétaire de l’équipe d’organisation a perdu les feuilles d’évaluation remises par les participants, d’où la difficulté de restituer leur retour au sujet de la formation.

 





EVALUATION FINALE :

• Formation plus pratique que théorique : vivante, donnant la place au vécu personnel.
• Importance des 4 composantes de la CNV et des jeux de rôle dans la communication.
• Importance de l’empathie et de l’auto-empathie pour développer mon potentiel relationnel dans la vie communautaire en vue d’instaurer des relations de qualité.
• Importance de l’écoute empathique pour identifier les besoins de l’autre et formuler des demandes pour soutenir la coopération et la qualité de vie en communauté.
• Prise de conscience et clarté sur les conflits tragiques vécus en lien avec l’histoire de la région des Grands Lacs en général, et du Congo en particulier.
• Importance de la gratitude pour célébrer la vie et nourrir la relation.
• Que la durée de la formation soit revue à la hausse car nous voulions encore apprendre plus.
• Que l’ACNV organise d’autres formations avec plus de participants car la thématique est intéressante, transversale et apparemment large.
• Que l’ACNV puisse élargir la formation aux chefs des communautés locales comme outil de résolution et prévention des conflits.


• Demande de formations plus approfondies.
• Préoccupation pour des formations en one short, sans continuité : prévoir d’autres formations.
• Importance de pratiquer pour expérimenter la richesse du processus de la CNV.
 





GRATITUDE

Je me joins à l’ACNV-RDC et aux participants à la formation pour exprimer notre profonde gratitude à l’ACNV-BF ASBL et aux donateurs anonymes pour leur soutien financier qui a permis de mettre en place cette formation et d’offrir quelques outils de CNV aux participants, en l’occurrence les dépliants Sentiments et Besoins. Cette expérience nous a permis d’élargir notre vision et notre projet d’adoption et de promotion diffusion de la CNV comme un outil incontournable pour accompagner notre région des Grands Lacs sur le chemin de la paix et de la réconciliation.
A titre personnel j’exprime ma vive reconnaissance aux participant.e.s à la formation pour leur implication et leur confiance.
Et enfin une belle surprise : 2 jeunes de Bukavu (Bernadette et Arsène) qui avaient participé à une autre formation de 3 jours que j’avais co-animée à Bujumbura (organisée fin juillet 2023 par Anne Dietrich du Service civil pour la paix de la Coopération allemande au Burundi), m’ont invité à animer une présentation de la CNV (2 heures) aux jeunes de leur association SENTA (Social Entrepreneurship Academy – Evolutionary education for social innovation) dont la mission est de donner aux jeunes les moyens de libérer pleinement leur potentiel, de créer leurs propres opportunités et de transformer leurs idées en entreprises sociales durables, afin de réaliser leur vision d’un Congo sans jeunes au chômage.
Faisant d’une pierre deux coups, j’ai pu semer quelques graines de paix chez la dizaine de jeunes qui ont participé à la conférence.
Une occasion de plus d’exprimer ma profonde gratitude à l’ACNV-BF qui permis toutes ces belles rencontres et ces riches expériences.


 




NDIKURIYO Jean-Baptiste







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